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Outils personnels

Nicolas Hulot: «Le réchauffement climatique, c’est l’injustice ultime»

© J. Bonnet

L’envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète et président de la Fondation Nicolas Hulot explique les enjeux du Sommet des consciences qui se tiendra le 21 juillet à Paris.

Qu’attendez-vous du Sommet des consciences qui doit se tenir à Paris les 20 et 21 juillet prochains ?

Nicolas Hulot : Je le vois comme un moment de pause et de réflexion collective en amont de la conférence sur le climat de décembre 2015. Nous traversons une crise de civilisation qui ne dit pas son nom. Si nous répondons aux défis qui sont devant nous par les seuls outils technologiques, juridiques ou économiques, nous ne ferons que déplacer le problème.

Nous avons besoin d’une interrogation spirituelle et philosophique sur les causes de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons. Les autorités morales qui seront réunies à Paris les 20 et 21 juillet prochains vont nous aider à retracer un chemin dans un monde caractérisé par une profusion de science et un déficit de conscience. Nous sommes sur le point d’écrire une nouvelle page de l’histoire humaine.

Autrement dit, vous ne pensez pas qu’il suffira de remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables pour résoudre la crise climatique ?

 N.H. : L’urgence impose de le faire mais basculer d’une croissance grise vers une croissance verte ne suffira pas. L’homme doit aussi se reposer des questions essentielles. Quel est le sens du progrès ? Où sont les priorités ? L’économie est-elle au service de l’homme ou l’homme est-il au service de l’économie ? L’homme fait-il partie de la nature ?

La technologie nous happe, nous entraîne dans le mouvement, mais on ne sait plus vers quoi. Nous avons besoin de prendre de la hauteur, de nous extraire du bruit de fond de notre société qui ne sait plus discerner l’important du superficiel.

 Quel est l’apport particulier des religions dans cette réflexion ?

 N.H. : Il aurait été étrange que les religions persistent dans le silence dans un moment aussi important de l’histoire de l’humanité, où le sort des plus démunis se joue prioritairement. Pour moi, les religions ne peuvent être qu’au front dans ce combat qui conditionne tous les combats de solidarité. Si la crise climatique et écologique – qui se traduit par la raréfaction des ressources et la rupture des grands équilibres naturels – s’aggrave, tout ce à quoi nous sommes attachés sera anéanti. Il est inévitable et naturel que les religions nous le rappellent.

Avec l’encyclique « Laudato si’», le pape François a apporté une contribution essentielle, au-delà même de ce que j’espérais. Son encyclique délivre une analyse holistique de la situation, sans concession sur les causes, les effets et les moyens d’en sortir. Ce texte courageux donne une portée particulière à des notions essentielles comme celle de bien commun ou de famille humaine.

(...)

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