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Martin Kopp France

Why do I care about climate

Je vis dans un pays développé, la France, qui n'est pas vulnérable au réchauffement climatique. Dans mon quotidien, autour de moi, pour mes proches, je sais qu'il n'y a pas d'effets immédiats. De fait, ceux qui provoquent le réchauffement climatique ne sont pas ceux qui en subissent les conséquences. Je l’ai découvert, il y a quelques années. Entre mon master en théologie et mon doctorat, j'ai fait un tour du monde en allant volontairement dans des pays pauvres. J'ai commencé par l'Inde : cela a été une vraie claque ! J'en suis revenu militant. Je vis encore sur cette lancée, porté par la parole biblique : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse », ou dit positivement : « Fais à autrui ce que tu veux que l'on fasse pour toi. »

J'ai aussi une approche intellectuelle : je lis les rapports officiels des grandes organisations engagées sur le climat. La Banque Mondiale annonce près 100 millions de personnes pouvant tomber dans l'extrême pauvreté à cause du réchauffement climatique. Une étude scientifique annonce que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, une espèce animale sur six risque de disparaître au XXIe siècle.  J'ai l'impression que nous sommes comme des somnambules qui font du funambulisme. Et que nous sommes à un carrefour pour décider vers quel monde nous allons.

En tant que croyant, je doute parfois mais ce qui ne me lâche jamais, c'est l'Amour du prochain. Je reste marqué par un de mes professeurs qui disait : « Aimer, c'est être excentrique. » C'est-à-dire sortir de soi-même. L'éthique chrétienne, à mes yeux, c'est sortir de soi-même pour faire sien les soucis d’autrui.

Quand je lis l'histoire du Bon Samaritain, je ne peux m'empêcher de penser que, si demain, un Français croise un homme nu, dans sa rue, couvert de plaies, il ne peut pas ne rien faire. Mais aimer son prochain qui est loin, celui qui n'est peut-être pas encore né et qui souffrira du réchauffement climatique, c'est plus difficile.

Je suis souvent interpellé par la radicalité du Nouveau Testament sur la richesse : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » (Marc 10 :25) Cela amène à se poser de vraies questions sur notre place dans ce royaume...     

Chargé de plaidoyer sur le climat

Fédération luthérienne mondiale

Depuis 2014, Marthin Kopp, jeune diplômé en théologie, est le chargé de plaidoyer sur le climat pour la Fédération luthérienne mondiale, notamment en charge de négociations à la Conférence de Paris (COP21) en décembre 2015. Né en 1987 à Strasbourg, il est issu d'une famille de pasteurs protestants. Après un master à la faculté de théologie protestante de Strasbourg, il part faire un tour du monde en 2010 pendant un an. Cela le conduit en Asie, aux États-Unis et en Amérique latine. Il en revient mobilisé autour des questions climatiques, après avoir vu les ravages que le réchauffement planétaire peut faire sur les populations les plus pauvres. Il débute alors une thèse de doctorat en théologie : « Croire et décroître ? La théologie protestante interrogée par la décroissance selon Serge Latouche ».

En 2013, il participe à la Cop 19 de Varsovie au sein d'une délégation de jeunes de la Fédération luthérienne mondiale. Touché par le témoignage du négociateur principal des Philippines, Yeb Sano, qui décide de jeûner pendant les négociations en réaction à un typhon qui a frappé son pays, il rejoint le Jeûne pour le climat, qui se déroule chaque 1er du mois depuis décembre 2013.